LES INTERNAUTES

Ces « digital actives »

Quel rôle pour l’internaute dans toutes ces histoires de câbles ? On ne va pas s’apitoyer mais il faut le dire : 48% des rejets de gaz à effet de serres sont directement liés à nos équipements personnels. Vous savez, quand votre ordinateur fait un bruit d’avion ou que le petit arc-en-ciel ne cesse de tourner. S’il bugge, c’est que votre ordinateur surchauffe ou encore ne supporte plus la quantité de données à ordonner au regard de sa capacité de traitement immédiate. S’ils sont moins chers, nos terminaux ne sont pas moins polluants et au contraire. La baisse des prix a augmenté la pression sur les manières de production et oblige les constructeurs à être moins regardants sur les conditions de fabrication.

Illu-Usages

Milliards d’internautes en 2015

Milliards d’internautes en 2025

iphonesssss

Fabrication

978 kg de gaz à effet de serre, générés par la fabrication d’un ordinateur ; autant qu’un an de chauffage d’un 3 pièces.

Utilisation

7 kg de gaz à effet de serre, pour le fonctionnement annuel d’un ordinateur. Il faudrait l’utiliser plus d’un siècle pour équivaloir l’impact de sa fabrication.

Transport

34 kg de gaz à effet de serre, c’est ce qui est nécessaire à l’acheminement d’un ordinateur entre l’usine et son point de vente.

Renouvellement

3 années, c’est aujourd’hui la moyenne d’utilisation d’un terminal. Au regard de l’impact des matériaux utilisés, c’est très court.

La fast life des terminaux

Le fabricant d’ordinateur Fujitsu a publié l’empreinte carbone de son ordinateur de bureau classique en analysant uniquement la période avant achat. De l’extraction, très gourmande en eau, de métaux rares jusqu’au moulage des coques, les chiffres impressionnent : la fabrication des composants rejette 302 kilogrammes de gaz à effet de serre dans l’environnement et c’est sans compter l’écran qui en émet 676 kilogrammes. Au final, la fabrication d’un ordinateur de bureau classique rejette 978 kg de gaz à effet de serre soit autant qu’une année de chauffage d’un appartement de 3 pièces et nécessite 1 500 litres d’eau soit autant qu’un semestre de consommation d’eau d’une personne vivant en Ethiopie.

La production d’énergie en France est certes moins polluante et moins chère mais tout de même, quand la fabrication rejette presque 1000 kg de gaz à effet de serre, l’utilisation en nécessite seulement 7 kg par an. Il faudrait donc 139 années d’utilisation pour que la phase de fabrication corresponde à la phase d’utilisation alors que dans les faits nous changeons d’ordinateur tous les 3 ans !

Cela nous mène à la très sensible question de l’obsolescence des terminaux. La loi de Moore édicte qu’un micro-processeur voit sa taille diminuer par deux et sa capacité doubler tous les 48 mois. Notre ordinateur de 139 ans ferait encore plus dinosaure… Pour ne rien arranger, les achats de matériels high-tech ont doublé et plus personne n’imagine pouvoir changer une pièce dans son ordinateur (non mais allo ?!).

Ok, mais que faire ? Les experts de l’informatique et de l’environnement proposent d’augmenter la durée de garantie, de favoriser la « réparabilité », de diminuer les logiciels par défaut (qui utilise encore Paint ?) ou d’agir directement auprès des éditeurs.

Les obèses de l’informatique

Nouvelles mises à jour, carte graphique et système d’exploitation has been… autant de tracas imposés par les logiciels qui font ressentir l’obsolescence de nos terminaux. Et pourtant, les ordinateurs après 3 années d’utilisation continuent d’être efficaces mais c’est le virtuel qui les discrimine. Comme avec ces logiciels aussi appelés Obésiciels qui imposent des mises à jour lourdes et demandent du matériel toujours plus récent.

Du côté des sites Internet, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) observe une corrélation entre énergie et mémoire consommée. C’est à dire : plus un site nécessite d’énergie au chargement de sa page, plus la mémoire et le micro-processeur de l’ordinateur seront sollicités. C’est en analysant 500 sites avec différents navigateurs et terminaux que l’agence a pu tirer cette conclusion finalement logique.

C’est là qu’intervient le concept d’éco-conception. Selon l’Association française de normalisation (AFNOR), « l’éco-conception est une démarche innovante qui se caractérise par l’intégration des critères environnementaux dès la phase de conception d’un produit ou service. L’enjeu est d’en réduire les impacts environnementaux tout au long du cycle de vie (de l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie) ». L’éco-conception du software permettrait notamment d’améliorer les logiciels au fil du temps au lieu de les changer ou encore de réduire la puissance informatique nécessaire à l’affichage d’une page web. « Code is law » ou « Code has to be low » ?

formes

En voiture

Continuer à utiliser son ordinateur 3 années de plus évite l’émission de 2,3 kg équivalent CO2 soit au total pour toute la France, les émissions de gaz à effet de serre de 500 millions de Km parcourus en voiture (distance maximale Terre-Mars).

WeNeedYouPETITFINAL

L’écologie en ligne, c’est « user first » !

Alors voilà, en fait le problème c’est nous ! Nous, internautes qui sommes noyés dans la masse des bientôt 5 milliards de semblables. Tous les jours ce sont plus de 300 milliards de mails qui sont envoyés, une recherche Google équivaut à 20 milligrammes de gaz à effet de serre soit 9,9 Kg sur une année et pire le visionnage des vidéos sur Youtube représente 1,2% de la consommation électrique mondiale.

Pas de culpabilisation à outrance avec ces chiffres qui donnent le tournis ! Il existe des solutions simples comme notamment l’utilisation des caches web. Ce cache permet de réduire la consommation de bande passante en conservant une copie des informations qui transitent par votre ordinateur. C’est utile car lors d’un chargement d’une page déjà consultée, le navigateur pioche uniquement les nouveaux éléments et évite le chargement de toute la page qui nécessite bien plus d’énergie. L’autre avantage est un temps de chargement bien plus rapide. Elémentaire !

Comme souvent, une loi de Pareto explique le tout : 20% des internautes générerait 80% du trafic sur le web à cause du refus de mise en cache. Intentionnel ou pas, l’option de non mise en cache a des conséquences sur les rejets de gaz à effet de serre. Une possibilité évoquée serait d’identifier ces récalcitrants du cache et de les prévenir de leur impact. On ne va pas jouer à cache-cache non plus !

Félicitations !

Vous avez tout lu ! Selon nos calculs, le temps passé sur cette page a nécessité 1,7 mWh soit le rejet de 1 milligramme de gaz à effet de serre. Cela vous paraît toujours peu ? Alors consultez votre historique et étonnez-vous de voir autant de page. La sérendipité, cet art de faire des découvertes inattendues en naviguant à vue par exemple, nous mène partout sur la toile et nous continuerons d’être étonnés par le foisonnement d’intelligence (ou pas) qui s’y trouve. La différence ? Maintenant, vous connaissez les conséquences écologiques qu’entraîne votre comportement d’Internaute tant lors de la navigation que lors de l’achat et l’entretien de votre matériel.

Une réponse.

Des data-centers, « usines du numérique », à la tablette en passant par la box ADSL, l’Internet impose une ingénierie peu visible mais énergivore. Le plus frappant, c’est qu’en tant qu’internautes, nous sommes les plus gros consommateurs. En quelques décennies, les terminaux informatiques ont infiltré notre quotidien et nos usages en simplifiant considérablement des tâches et en accélérant les dynamiques des secteurs. Complétement banalisés, terminaux comme réseaux polluent sans que nous nous en apercevions vraiment. Pourquoi ? Ce sont uniquement des outils de connexion à l’information qui apparaissent aussi vite que disparaissent pour des raisons de pseudo obsolescence sociale ou technologique. Il parait que ce qui ne se voit pas, n’existe pas. Il parait.

Wait, wait

Si l’on suit les prévisions, la vague des 5 milliards d’internautes fera d’Internet l’un des premiers secteurs énergivores de la planète. En 2008, Gerhard Fettwei de l’Université de Dresde a calculé qu’en 2033, l’Internet consommera autant d’énergie que l’humanité en 2008. Si rien n’est fait, ce sera le cas mais comme pour les projections de mort de l’Internet en 2023, l’innovation technologique permettra de contourner les limites. Et pourtant, la loi de Moore atteint aujourd’hui une limite physique quand les Google Glasses ne trouvent pas de réel usage. La course poursuite incessante entre Technologie et Usages risque-t-elle alors d’atteindre une limite de faisabilité au regard de l’investissement nécessaire et de l’impact environnemental ? Rien n’est moins sûr…

Des internautes aguerris

Les centaines de tonnes de gaz à effet de serre nécessaires au fonctionnement d’Internet posent la question de la responsabilité vis-à-vis des générations à venir (vous savez les millenials et leurs enfants qui seront encore plus connectés). Quand nous serons 5 milliards d’internautes et qu’Internet produira autant de gaz à effet de serre que l’humanité en 2008, nous devrons avoir trouvé de nouvelles sources d’énergie au risque de vivre dans un smog ambiant. En attendant ces innovations qui feront l’Internet de demain, il est nécessaire de faire connaître les enjeux écologiques liés à l’usage d’Internet en imaginant des éthiques d’éco-conception pour la galaxie des acteurs d’Internet. Et si tous les sites Internet devaient publier leur bilan carbone et les navigateurs leurs besoins en énergie à l’heure ?

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